Le don


Le don recouvre bien des aspects de notre vie chrétienne. Mais pourquoi est-ce que c’est si important ? Et puis comment on fait pour donner ?

Quand on parle de don, rapidement vient en tête le don qui fonde la foi chrétienne: celui que le Christ a fait de sa vie pour nous. Et nous aussi nous sommes appelés à donner notre vie. Certes, mourir sur une croix n’est plus trop à la mode. Mais les dons d’aujourd’hui ne sont pas peu exigeants et peuvent être très douloureux eux aussi.

 

Dans la parabole des talents, l’un des serviteurs enterre par peur ce qu’il a reçu. Toute la question est là. Préférons-nous garder le grand trésor que nous avons reçu pour nous-même et le cacher ou le faire fructifier en le partageant ? Parce que c’est ça le don, donner ce qu’il y a de plus précieux en nous, seule façon pour qu’il fructifie. Mais ça, ça demande bien du boulot.

 

 

  >> Il y a tous les petits dons du quotidien qui, loin d’être négligeables, sont peut-être

les plus difficiles et les plus sanctifiants.

 

 

Concrètement alors, comment on donne ou on se donne ? À chacun sa manière. Le but ultime c’est de donner sa vie entière. Il y a bien sûr la question de la vocation : le mariage et sa folie de l’exclusivité, la vocation religieuse ou sacerdotale et cette aberration pour notre temps du célibat… Comme la promesse de fidélité des mariés, le célibat des consacrés ne s’explique que par un don total de sa personne (YC 263, 258). Par un oubli de soi pour trouver ailleurs son centre de gravité (YC 402). Même si ça peut paraître fou c’est là que se trouve la vraie joie, une joie surprenante et durable ! (YC 145)

 

Mais la question du don ne réside pas seulement dans celle de la vocation. Il y a tous les petits dons du quotidien qui, loin d’être négligeables, sont peut-être les plus difficiles et les plus sanctifiants. Et puis il y a foule d’autres aspects : l’économie, par exemple, nous montre qu’il est urgent de réapprendre à nos sociétés que le don est la seule manière d’atteindre un vivre ensemble plus juste (YC 327, 328).

 

Enfin, il y a notre relation personnelle à Dieu… Franchement prier en ayant l’impression que Dieu fait la sourde oreille c’est parfois un peu pénible. Mais c’est là que le vrai don commence (YC 507). Essayer de se donner à Dieu sans mesure dans la prière en dépassant sans cesse notre paresse ou nos agacements. Surtout qu’il ne faut pas oublier que tous ces dons nous ne les devons pas à nous-même mais nous les avons reçus de Dieu et « on demandera beaucoup à celui qui a beaucoup reçu » (Luc 12,48).

 

Sans oublier que, qui dit donner dit aussi recevoir et ça, c’est essentiel, même si son apprentissage est tout aussi long que le don !